Votre client allergique scanne le QR code de la table. Que doit-il y trouver pour que vous soyez en règle ?
Depuis le 1er juillet 2015, un restaurant doit informer ses clients par écrit des allergènes présents dans ses plats. Le support numérique est admis, mais le QR code ne fait pas tout : ce qui compte, c'est l'information qui se trouve derrière. Voici ce que la loi impose, ce qui relève de la bonne pratique, et comment tenir tout ça à jour sans réimprimer.
Temps de lecture : environ 8 minutes
1. Quel cadre légal pour l'affichage des allergènes au restaurant ?
2. Quels sont les 14 allergènes à afficher ?
3. Menu digital et allergènes : les conditions pour être en règle
4. Allergènes plat par plat ou tableau général : quelle approche choisir ?
5. Comment tenir les allergènes à jour sur un menu digital ?
6. Les bonnes pratiques pour un menu digital lisible et conforme
7. Que risque un restaurateur en cas de non-conformité ?
8. Checklist : votre menu digital est-il en règle ?
9. Questions fréquentes sur les allergènes et le menu digital
Quel cadre légal pour l'affichage des allergènes au restaurant ?
Les textes de référence
Deux textes font la loi. Le règlement (UE) n° 1169/2011, dit règlement INCO, impose d'informer sur les allergènes pour toutes les denrées, y compris celles servies au restaurant. En France, le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 en précise les modalités pour les plats non préemballés. Il est en vigueur depuis le 1er juillet 2015.
Ce que le décret impose concrètement
L'information doit être écrite, lisible et visible des lieux où est admis le public. Le restaurateur a deux options :
- afficher l'information elle-même, par exemple sur la carte ;
- indiquer par écrit où la trouver, à condition que le client y accède directement et librement, sous forme écrite.
Aucun format unique n'est imposé : ardoise, classeur, carte ou support numérique. Le guide officiel de service-public.fr détaille les modalités.
Vos fournisseurs doivent vous renseigner
Le décret prévoit que chaque livraison à un établissement de restauration soit accompagnée d'un document indiquant les allergènes. Exigez-le : c'est la base de vos fiches recettes.
Qui contrôle ?
La DGCCRF, par l'intermédiaire de ses services départementaux, contrôle l'affichage des allergènes dans les restaurants.
Quels sont les 14 allergènes à afficher ?
La liste de l'annexe II du règlement INCO
Chaque préparation servie doit signaler la présence de ces 14 allergènes, ou de leurs dérivés :
- les céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut)
- les crustacés
- les œufs
- les poissons
- les arachides
- le soja
- le lait, lactose compris
- les fruits à coque (amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches, noix de macadamia)
- le céleri
- la moutarde
- les graines de sésame
- l'anhydride sulfureux et les sulfites, au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/L
- le lupin
- les mollusques
La liste est fermée, mais le champ est large : entrées, plats, desserts, sauces, garnitures, suggestions du jour, menus enfants, plats à emporter et boissons.
Les allergènes cachés
Ils se trouvent dans les sauces industrielles, les bouillons, les fonds de cuisine et les garnitures. Chaque fiche recette doit donc lister tous les ingrédients, bases fournisseurs comprises. Préciser la céréale ou le fruit à coque concerné aide aussi le client à s'y retrouver. La qualité de l'information affichée dépend de cette rigueur, quel que soit le support.
À retenir : une information uniquement orale ne suffit pas. Le client ne doit pas avoir à solliciter le personnel pour accéder à l'écrit.
Menu digital et allergènes : les conditions pour être en règle
Ce que la loi accepte
La loi ne définit aucun support obligatoire. Un menu digital consulté sur smartphone via un QR code est donc admis, à quatre conditions :
- L'information est écrite. Des pictogrammes seuls ne suffisent pas, il faut un libellé.
- Elle est lisible sur mobile. Pas de PDF illisible, pas de police minuscule en bas de page.
- Le client y accède directement et librement. En pratique, cela exclut la création de compte ou le téléchargement d'une application.
- Le client sait où la trouver. Une mention claire sur la table ou la carte, du type « Allergènes : scannez le QR code », fait le travail.
Le QR code n'est qu'un point d'accès. Il renvoie vers un menu qui doit, lui, contenir les données. Vous trouverez des supports QR code pour restaurant adaptés à chaque type d'établissement.
Prévoir le client sans réseau ni batterie
Un téléphone déchargé ou une 4G capricieuse, ça arrive. Gardez un support papier à jour en secours, par exemple un classeur ou une feuille imprimée, et dites au personnel où il se trouve. Beaucoup de restaurants conservent d'ailleurs une carte papier pour l'ambiance et utilisent le menu QR code restaurant pour le détail des allergènes.
Allergènes plat par plat ou tableau général : quelle approche choisir ?
Les deux sont admis. Le tableau à double entrée (plats en lignes, 14 allergènes en colonnes) est la forme classique. Sur un smartphone, il devient vite illisible. L'affichage sur chaque fiche plat est plus simple à consulter, et il évite l'oubli quand un plat change : on ne corrige que la fiche concernée.
- Tableau général : admis si le lien avec chaque plat est explicite. Lisibilité moyenne sur mobile, risque d'oubli quand un plat change.
- Allergènes sur chaque fiche plat : admis. Lisibilité élevée, l'information est directement sous le plat, et la mise à jour est ciblée sur le plat modifié.
- Fiche plat avec icônes et libellé texte : admis, le texte reste indispensable. Lisibilité très élevée, visuel et texte, mise à jour immédiate depuis l'interface.
Dans un menu digital, chaque fiche peut afficher les allergènes en icônes, accompagnés d'une mention explicite du type « contient : lait, œufs, gluten ». Le visuel attire l'œil, le texte garantit la conformité.
Comment tenir les allergènes à jour sur un menu digital ?
Un changement de fournisseur, une recette modifiée, un plat du jour : la composition peut changer d'un jour à l'autre. Sur du papier, il faut réimprimer ou corriger à la main. Sur un menu digital, la modification est visible tout de suite, sans réimpression.
Pour que ce soit fiable, appuyez-vous sur des fiches recettes structurées, où chaque ingrédient est renseigné avec son fournisseur et ses allergènes. Documentez aussi une procédure de mise à jour dans votre plan de maîtrise sanitaire (PMS) : qui met à jour, à quelle fréquence on vérifie, comment les changements sont tracés.
Chez Appero, les 14 allergènes réglementaires sont déjà dans l'espace d'administration. Vous les attribuez à chaque produit et la fiche se met à jour pour vos clients, sans intervention technique. Vous pouvez aussi programmer l'affichage d'un produit, d'une catégorie ou d'une section, pratique pour un plat du jour qui n'existe que le temps d'un service.
Bon à savoir : si le réseau ou le menu en ligne tombe, l'obligation d'information reste entière. D'où l'intérêt du support papier de secours.
Les bonnes pratiques pour un menu digital lisible et conforme
Un menu digital bien pensé rend l'information plus visible qu'un tableau papier que personne ne lit. Quelques réflexes :
- Fiche par fiche. Les allergènes apparaissent sur chaque plat, avec une mention explicite.
- Icônes plus texte. Les pictogrammes ne sont pas standardisés. Ils aident, mais le libellé est indispensable.
- Sauces, garnitures et suppléments traités comme des plats. Ils concentrent une bonne partie des allergènes cachés.
- Menu enfant vérifié séparément. Les recettes diffèrent souvent de celles des adultes, et les parents y sont attentifs.
- Un filtre allergènes, si votre outil le permet. Il aide le client à écarter les plats concernés, mais il ne remplace pas l'affichage sur chaque fiche.
- Une langue que le client comprend. Chez Appero, le menu s'affiche dans la langue du téléphone du client, qui peut en changer lui-même, un vrai plus pour une clientèle étrangère.
Pour aller plus loin, découvrez comment le menu engineering piloté par la donnée s'articule avec votre menu digital, ou l'impact des photos culinaires sur les ventes.
Que risque un restaurateur en cas de non-conformité ?
La DGCCRF mène des contrôles réguliers, souvent lors de campagnes thématiques. Un manquement peut entraîner un avertissement, une mise en demeure ou une amende. Les sources professionnelles citent jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une société, à prendre comme un ordre de grandeur.
Le risque le plus lourd est ailleurs. Si un client allergique est mis en danger par une information absente ou erronée, la responsabilité civile et pénale du restaurateur peut être engagée. Côté réputation, l'absence d'information claire inquiète et se voit dans les avis en ligne. À l'inverse, des allergènes bien affichés donnent une image de sérieux.
Checklist : votre menu digital est-il en règle ?
- Les 14 allergènes sont renseignés sur chaque plat, boissons comprises.
- Les icônes sont toujours accompagnées d'un libellé texte.
- Une mention visible indique où trouver l'information (« scannez le QR code »).
- Le client n'a ni compte à créer ni application à installer.
- Le menu est lisible sur smartphone, sans zoom.
- Un support papier à jour est prêt en secours.
- Vos fiches recettes et le document fournisseur sont à jour, et quelqu'un est responsable des mises à jour.
Un menu digital bien configuré coche toutes ces cases, et vous fait gagner du temps à chaque changement de carte.
Questions fréquentes sur les allergènes et le menu digital
Un simple affichage oral des allergènes par le serveur est-il suffisant ?
Non. Le décret n° 2015-447 impose une information écrite. L'oral peut la compléter, pas la remplacer.
Faut-il afficher les allergènes pour les plats du jour et les suggestions ?
Oui. L'obligation s'applique à toutes les denrées servies, y compris suggestions du jour, amuse-bouches, buffets et plats à emporter. Aucune préparation n'est exclue.
Faut-il aussi déclarer les allergènes dans les boissons ?
Oui. La règle vise toutes les denrées servies, boissons comprises : sulfites dans le vin, lait ou œuf dans un cocktail, par exemple. Renseignez-les sur la fiche de chaque boisson, comme pour un plat.
Mon fournisseur doit-il me communiquer les allergènes ?
Oui. Chaque livraison à un établissement de restauration doit être accompagnée d'un document indiquant les allergènes. Conservez-le et servez-vous-en pour vos fiches recettes.
Un filtre allergènes remplace-t-il l'affichage sur chaque fiche plat ?
Non. Le filtre facilite la navigation, mais l'affichage plat par plat reste ce qui garantit la conformité. Les deux se complètent.
La réglementation impose-t-elle un format précis pour les icônes ?
Non, aucun pictogramme standardisé n'est imposé. Les icônes servent d'aide visuelle et doivent toujours être accompagnées d'un libellé clair.
Combien de temps conserver les fiches recettes et les données allergènes ?
Aucune durée n'est fixée pour la restauration commerciale. Par bonne pratique, gardez-les tant que la recette est en vigueur, et archivez les anciennes versions en cas de modification.
Un menu digital accessible par QR code est-il accepté lors d'un contrôle de la DGCCRF ?
Oui, si l'accès est direct, sans compte ni application, et si les données sont complètes, lisibles sur mobile et à jour. Le QR code est un accès admis, pas une garantie de conformité en soi.



